LE FEU

 

     Plusieurs théories, plus ou moins fumeuses, prétendent rendre compte de la maîtrise du feu par les préhistoriques (par maîtrise, on entend l'aptitude à le faire surgir à mains nues là où il n'y en a pas, en dehors de toute capture).

     Une des approches les plus sérieuses  situe les premières traces d'un tel feu à Menez-Dregan (pas très loin de Trégastel...) , il y a 450 000 ans. Ce serait donc Neandertalensis l'auteur de cet exploit. C'est là le principal argument des opposants à cette approche assez bien documentée, car, bien entendu, cet abruti de Neandertralensis était, par définition, incapable d'un tel exploit (le problème, c'est que Sapiens n'était pas encore présent à cet endroit...). Alors, Erectus ? Un peu d'audace, voyons ! Ce ne pouvait être qu'Heidelbergensis !

     Fermez le ban !

     Que le feu soit apparu ici où là, grâce à Tartempionensis ou Machin Chose, le paléopsychologue s'en fiche complétement. Ce qui l'intéresse, c'est celui (ou plus probablement celle), quel que soit le lieu et quelle que soit la date, qui a réalisé cet exploit, et pourquoi (ou plutôt pour qui : le psychologue se moque des espèces, il ne voit que des individus).

     On peut, bien entendu, soutenir qu'Épistéma a inventé le feu pour elle-même, mais, pour un psychologue, ce ne peut être que pour quelqu'un d'autre.

     Mais pour qui, et pour quoi ?

    Ce travail est un travail scientifique. La science ne permet pas encore de répondre à ces deux questions.

    Je propose une solution imaginaire (il s'agit bien sûr d'une Mère et de son enfant) dans une fiction à paraître bientôt : "Après demain, peut-être...".