Quatrième de couverture

  « J’entrevois, dans un avenir éloigné, des routes ouvertes à des recherches encore bien plus importantes : la psychologie sera solidement établie sur la base si bien indiquée par M. Herbert Spencer, c’est-à-dire sur l’acquisition, nécessairement graduelle, de toutes les facultés et de toutes les aptitudes mentales, ce qui jettera une vive lumière sur l’ORIGINE de l’homme et son histoire ».                                                                                                          Charles Darwin

 in « L’origine des espèces… », 6éme édition, page 574 d’un livre qui en compte 576 !                          C’est donc là, en 1872, la conclusion ultime de Darwin, son testament scientifique (les mots soulignés, rayés, en majuscules ou en gras l’ont été par moi).

                                                                             ***

    C’est avec une grande lucidité (et une rare humilité) que Darwin explique en fin d’ouvrage (quoi qu’il lui en a coûté) que sa théorie ne sera jamais achevée - si tant est qu’elle le soit un jour sans une théorie de l’évolution psychique (nous verrons que l’évolution psychique est concomitante mais indépendante de l’évolution physique et que ces deux évolutions, distinctes, ont été inextricablement liées). Ceux qui lisent Darwin ne lisent pas Freud et ceux qui lisent Freud ne lisent pas Darwin ; les uns et les autres sont hémiplégiques, c’est pourquoi on est tout surpris que ce travail nous échoie, car, à bien y regarder, tout cela aurait dû être dit depuis fort longtemps.

    Voici donc, 150 ans après le vœu ultime de Darwin, et 100 ans après Freud (la science progresse lentement…), un livre de psychologie qui s’intéresse à la phylogenèse psychique du genre homo.

    Ce livre voudrait être à la psychologie humaine ce que « L’origine des espèces… » est à la paléontologie.

    Qu’il n’atteigne pas cet objectif n’étonnera personne (et surtout pas son auteur !).

    Il s’inscrit dans la droite ligne de Darwin ET de Freud, qui se penchèrent sur notre passé, chacun dans sa discipline, séparément donc ; le premier pour ce qui concerne l’évolution physique (la phylogenèse physique) d’espèces aujourd’hui disparues, le second pour ce qui concerne la psychologie des individus (l’ontogenèse psychique) DEPUIS la sédentarisation.

    Aucun des deux n’a eu accès à la période mise à jour par les paléontologues humains (Habilis, Erecta, etc…; de même, ils n’ont pas eu accès au travail des préhistoriens (Lascaux, Chauvet, etc.).

    Nous étudierons donc l’évolution du genre humain, et donc, dans un premier temps, la phylogenèse physique (l’évolution physique du genre homo, de l’apparition de la première de ses représentantes à nos jours) et, dans un second temps, la phylogenèse psychique (l’évolution psychique du genre homo, de l’apparition de la première de ses représentantes jusqu’à la sédentarisation ; ces deux évolutions sont indissociables, mais distinctes) tout au long de cette longue “fenêtre“ de 2 500 000 ans à laquelle ces deux patriarches de l’humanité n’ont pas eu accès. Pour cela, nous nous appuierons sur l’art pariétal (à la frontière de l’évolution psychique de Sapiens, sans que pour autant il y ait eu évolution physique), qui n’est pas aussi obscur qu’on a bien voulu le dire : pour l’heure, nous donnerons lecture du « Faon aux oiseaux » du Mas d’Azil et de la « Scène du puits » de Lascaux, réputés illisibles.

    Cette étude nous amènera à préciser le rôle des femmes en préhistoire (et plus précisément celui des Mères, depuis la première d’entre elles, femina habilis), ce qui nous amènera inévitablement à nous demander si le complexe d’œdipe a toujours été celui que nous connaissons aujourd’hui, et, par voie de conséquence, s’il sera toujours le même qu’aujourd’hui (pour dire les choses autrement, nous tenterons de jeter les bases de l’étude de l’évolution au sens de Darwin du psychisme humain, et donc de l’évolution - au sens de Darwin - du complexe d’œdipe). Nous nous demanderons donc si « Les hommes ont toujours su, de cette manière particulière, qu’ils ont eu un jour un père primitif et qu’ils l’ont mis à mort » (Sigmund Freud, in « L’Homme Moïse et la religion monothéiste », son ultime ouvrage, qu’il tenait absolument à voir paraître de son vivant, son testament scientifique - 1939 que nous comparerons à celui de Darwin 1872 : nous tenterons de dire de quel jour parle Freud ; nous chercherons la date de cette acquisition cognitive, c’est-à-dire la date de l’acquisition de ce « savoir » dont parle Freud ; il est clair qu’avant cette acquisition, avant ce « jour » fatidique, la théorie freudienne concernant le meurtre du père est mise à mal et doit être revue et corrigée (ce qui ne change rien quant à la pratique thérapeutique actuelle puisqu’elle tente, parfois avec succès, de résoudre un conflit actuel). L’art pariétal nous permettra, peut-être, de dire ce qu’il en était du complexe d’œdipe avant la sédentarisation.

    C’est donc de la confrontation de ces deux testaments (celui de Darwin ET celui de Freud) qu’il sera question ici, en nous appuyant sur les découvertes des paléontologues humains (Habilis, Erecta, etc.) ET celles des préhistoriens (Lascaux, Chauvet, etc.), ce qui nous permettra de jeter les bases d’une discipline nouvelle : la PALÉOPSYCHOLOGIE.

    Le complexe d’œdipe, tel que nous le connaissons aujourd’hui, devrait nous permettre de mieux comprendre ce qu’il fut autrefois et donc d’envisager ce qu’il sera demain (car tout donne à penser qu’il continuera à évoluer).

    Si l’état de nos connaissances ne nous permettait pas jusqu’à présent de dire pourquoi l’art pariétal a commencé, nous verrons qu’aujourd’hui nous allons pouvoir dire pourquoi il a cessé, ce qui permettra d’en rendre compte, partiellement pour l’heure.