Les quatre points cardinaux

  

 

 

    [Nos constellations sont des créations de notre esprit qui regroupe  entre elles des étoiles qui nous paraissent avoir la même intensité, mais certaines sont très grandes et très éloignées, tandis que d'autres, qui sont plus proches, sont plus petites, en sorte qu'elles nous paraissent avoir la même intensité lumineuse ; c'est pourquoi nous les regroupons arbitrairement en une même entité, par exemple la grande Ourse : qu'on compare les signes du zodiac occidental aux signes du zodiac chinois et on se convaincra de l'arbitraire de nos combinaisons...; nul doute que le zodiac des Habilis, s'ils en avaient un, était peuplé d'Éléphants, de Girafes, de Rhinocéros et d'hippopotames...)

    [Les différentes étoiles d'une constellation parcourent le ciel à une vitesse vertigineuse et s'éloignent à tout instant les unes des autres, en sorte que nos constellations se "déforment" avec le temps ; il est clair qu'avec le temps la "Petite Ourse" se "désagrégera" et que, si l'"Étoile polaire" existera toujours, elle n'indiquera plus jamais le Nord ; ce sera une autre étoile qui, pour nous, prendra sa place ; de même pour la "Croix du Sud" ; l'Étoile polaire nous PARAÎT fixe, à l'échelle de la vie humaine, mais l'univers a sa propre logique, qui n'est pas la nôtre ....

    [Pourquoi, dans ces conditions, ne pas nommer l'étoile qui, il, y a    1 700 000 ans occupait la place qu'occupe aujourd'hui l'Étoile polaire

    L'axe Est-Ouest est connu de tout le règne animal ; l'axe Nord-Sud n'est connu que de quelques espèces, migratrices. Pour faire simple, nous admettrons que cette connaissance n'a pu être acquise par femina Habilis qu'aux alentours de l'équateur (en pointillé sur la carte, au nord du lac Victoria, d'où part le Nil blanc), c'est-à-dire en Afrique, ce qui ne veut pas dire qu'elle est apparue sur ce continent, mais il est certain que c'est sur les rives du lac Victoria et en remontant le Nil blanc jusqu'à sa jonction avec le Nil bleu (à Khartoum),  que son aventure intellectuelle a commencé ; ce fut le début de la phylogenèse, jusqu'au début de l'ontogenèse telle que nous la connaissons, qui a débuté à la sédentarisation.

    Là, au jardin d'Éden, au bord du lac Victoria, il y avait de l'eau, du gibier, du poisson et des fruits en abondance.

    Elle faisait le tour du lac, par curiosité, par jeu, pour faire des rencontres, par désœuvrement, par ennui, ou pour se dégourdir les pattes ; peu importe. elle en faisait le tour, voilà tout.

    Elle a donc eu tout loisir d'observer un phénomène curieux, qui n'était observable sur Terre qu'à cet endroit : la nuit, le ciel n'était pas le même aux deux extrémités du lac. En s'éloignant du lac Victoria et en remontant le long du Nil blanc vers Le Caire, elle pouvait observer,  il y a 1 700 000 ans, une constellation qui lui paraissait toujours fixe (aujourd'hui, ce serait l'Étoile polaire) ; à l'autre extrémité du lac, en descendant vers Le Cap, elle voyait une autre constellation (aujourd'hui, ce serait la Croix du Sud) : c'était à n'y rien comprendre ; c'était quoi, ce truc ?

    Y avait-il deux ciels ?

(ou la Croix du Sud) ? Tout simplement parce que l'intelligence artificielle (Gemini) nous dit que même les plus performants des supercalculateurs actuels ne peuvent répondre à cette question.

    [Pour plus de simplicité,nous continuerons à faire COMME SI femina habilis voyait NOTRE Étoile polaire aujourd'hui (ou NOTRE Croix du Sud) alors qu'il n'en est rien].

  Il n'y avait qu'un seul Soleil, il n'y avait qu'une seule Lune, mais il y avait deux Ciels !

    C'était à n'y rien comprendre !

    Y avait-il deux Terre ?

    En tout cas, on pouvait passer de l'une à l'autre sans danger.

    Le plus simple était de n'envisager qu'une seule Terre.

    Mais pourquoi deux Ciels ?

    Épistéma avait beau réfléchir, elle ne voyait pas de solution !

    Ce problème la préoccupait jour et nuit. Confusément, elle sentait que la réponse à ce problème pourrait, peut-être, changer sa vie. Il y avait là comme une indication de quelque chose d'important, de quelque chose à comprendre, mais QUOI ?

   

    Elle en perdait le manger et le dormir.

    C'était le seul problème qui lui résistait.

    Elle avait résolu tous les autres : l'arc, la flèche, le biface, la massue, le pieu épointé pour tenir le danger à distance, le choix du meilleur arbre pour faire son nid, la meilleure manière de le faire ; tous les problèmes avaient une solution, et les animaux, tous les animaux, l'observaient et s'appropriaient ses découvertes, quitte à les adapter (cf. la loutre qui, aujourd'hui, utilise un caillou comme enclume pour casser un coquillage).

    Elle aussi les observait.

    Les oiseaux migrateurs la laissaient perplexe : ils s'en allaient et s'en revenaient toujours à la même époque, invariablement, année après année. Il y avait là un cycle immuable, très étrange. Où allaient-ils ? Il semblait y avoir un lieu où ils allaient dormir pendant très longtemps, d'un long sommeil, d'un sommeil beaucoup plus long que celui du Soleil. Son sommeil à elle avait la même durée que celui du Soleil. La nuit était plus ou moins longue, selon les espèces et selon le lieu, mais pour toutes les espèces d' ICI, la nuit avait la même durée (et le jour la même durée que la nuit).

    Où allait le Soleil ? Où allaient les cigognes ? Où allaient les milans à bec jaune ?

    Ce qui était curieux, c'était que les oiseaux migrateurs n'allaient pas dormir vers là où se lève le Soleil, ni vers là où Il se couche.

    Ce point était très surprenant.

   C'était comme si ces oiseaux allaient dormir ailleurs qu'au couchant.

     Il y avait deux ciels, y avait-il deux couchants ?

    Y avait-il un lieu, LÀ-BAS, AILLEURS, un "AILLEURS QU'ICI", un "AUTRE PART", où on pouvait dormir d'un sommeil doux et paisible, sans crainte de tomber du nid dans l'arbre, et donc sans cauchemar ?

    Les cigognes allaient dormir au pays (de l'équivalent d'alors) de NOTRE Étoile polaire, les milans à bec jaune préféraient aller dormir au pays (de l'équivalent d'alors) de NOTRE Croix du Sud.

    Ainsi donc, il y avait des LIEUX où on pouvait dormir en paix...? 

    Cela méritait qu'on y réfléchisse.

    Et Épistéma réfléchissait beaucoup.

***

L'aigle de Wahlberg (du nom du naturaliste suédois qui, au XIXéme siècle, l'a décrit pour la première fois) migre du lac Victoria vers l'Afrique australe après avoir nidifié.

   La cigogne migre du lac Victoria vers l'hémisphère nord pour nidifier.

   [L'Épistéma qui sommeille en tout psychologue voit dans cette différence comportementale quelque chose qui doit avoir une raison, car il n'a jamais cru que les animaux migraient pour des raisons alimentaires (quoi qu'en disent les ornithologues : cela lui rappelle trop l'art pariétal pour la chasse et les élucubrations des "paléoanthropologues"...). Non pas que cette explication soit absurde, mais elle est probablement secondaire ; la question de la reproduction ET des lieux de reproduction Animale (oiseaux, cétacés, etc...) seront étudiés dans des Instituts de Paléopsychologie Humaine ET Animale.]

    Pourquoi ces oiseaux quittent-ils un lieu où ils ont tout ce dont ils ont besoin ? On ne sache pas qu'il y ait au lac Victoria une période de pénurie alimentaire... Alors, l'explication de la migration pour cause de pénurie alimentaire...

    Nous avons là une énigme qui rappelle en tous points la sortie d'Afrique par Erectus : pourquoi aller chercher ailleurs moins bien que ce qu'on a sur place, et, pour les oiseaux migrateurs, au prix d'un effort colossal et de très nombreuses pertes ?!?

    Pour Erectus, nous avons vu que c'était l'espoir de trouver le lieu où "dormait" le soleil (car il devait bien "dormir" quelque part...). Mais qu'en est-il pour les oiseaux migrateurs ? Pourquoi l'un va-t-il au Nord avant (pour) d'aller nidifier et l'autre vers le Sud après l'avoir fait ?

    Mystère et boule de gomme !

    Notre européocentrisme tend à nous faire dire que les cigognes migrent après la nidification et cette observation (juste) nous paraît la norme, et c'est l'"instinct" qui fait migrer ; heureusement, pour nous remettre à notre place, qui n'est nulle part, l'aigle de Wahlberg nous dit le contraire.

    Est-ce pour autant que chaque espèce fait "comme elle l'entend", "comme elle veut" ? D'abord, veut-elle ?

    Voilà bien du travail en perspective !

    Qu'est-ce que l'"instinct" ?

    C'est ainsi que l'on nomme ce qu'on ne sait pas expliquer...

***

     C'était même la seule chose qu'elle savait faire (un peu comme Giordano Bruno).

     On le lui reprochait assez souvent !

     Mais là, sa raison était impuissante. 

    On se réunit donc et on tint conseil [voir en Annexe, en fin de livre, le procès verbal (imaginaire, on s'en doute !) de cette réunion  (bien réelle) ; on trouvera un site de découpe important, au nord du lac Victoria  (à l'est ou/et à l'ouest), ou sur les rives du Nil blanc, car ils furent nombreux à débattre ; c'était il y a 1 700 000 ans environ].

    Ce fut sans doute le premier conseil, mais ce ne serait pas le dernier !

    On palabra, on s'arracha les cheveux, on se disputa, on en vint aux mains. Peu s'en fallut qu'on envisage l'extrême pour faire taire celui-ci ou celle-là. Pour le plus grand bonheur de l' Humanité, le feu n'existait pas encore et il ne vint à personne l'idée de la brûler !

    On en débattit ainsi longtemps, jusqu'au jour où l'un des chenapans qui écoutaient les débatteurs fasse remarquer que l'ombre d'Épistéma changeait de sens en plein jour à un endroit précis, quand on faisait le tour du lac en été : quand le soleil était au plus haut, son ombre était projetée vers la rive la plus éloignée du lac, et en hiver, au même moment de la journée, son ombre était projetée vers la rive la plus proche. Et au printemps et en automne, à ce même moment, son ombre disparaissait (c'est ce qu'on appelle parfois le "zéro shadow day") !

    Et chacun de vérifier sur lui-même, par lui-même, ce phénomène étrange.

    Cela prit du temps, beaucoup de temps, mais tous voulaient vérifier, génération après génération,  ce phénomène. 

    Et on venait de loin pour ça.

    Chose curieuse, c'est à cet endroit que la nuit le Ciel changeait progressivement, du tout au tout et où une petite étoile fixe (à la place de celle qui de nos jour nous semble ne pas bouger et que nous appelons "Étoile polaire") disparaissait tout à coup.

    Il y avait un LIEU où le Ciel changeait !...

    [Dans le livre, il y a tout un passage poétique, assez long, qui est supprimé ici, faute de place].

    Puis vint le jour où, après avoir mûrement réfléchi à ce qu'elle allait dire, elle prit la parole. On l'écouta dans un profond silence, peu habituel.

    Elle ne parla pas longtemps, mais tout le monde comprit ce qu'elle disait : on avait un repère Est-Ouest le jour, et un repère la nuit. On délibéra et il fut décidé d'appeler "Nord" le lieu où vivait "l'Étoile polaire" (et où allaient dormir les cigognes) et "Sud" le lieu où vivait la "Croix du Sud" (et où allait hiverner le milan noir). Dorénavant, ç'en était fini de l'errance, les uns et les autres pourraient rendre compte de leurs déplacements ; on pourrait faire des dessins sur le sable pour expliquer l'itinéraire suivi, on pourrait même faire des cartes sur des tapas (ces écorces d'arbre battues dont on faisait des vêtements), les copier et les recopier, les emporter avec soi et ainsi, peut-être, espérer trouver enfin l'endroit où dormait le Soleil ; ç'en était fini de l'errance, dorénavant on serait dans l'exploration. 

    Et Habilis devint "nomade". De ce jour, les portulans se mirent à circuler, et depuis, ils ne cessent de circuler, de plus en plus vite, de plus en plus nombreux.

    C'était il y a 1 700 000 ans.

    Pendant 400 000 ans, les Voyageurs (les nomades, curieux, insatisfaits) parcoururent l'Afrique d'Est en Ouest et du Nord au Sud, des portulans sous le bras, sans succès. Le Soleil n'y dormait pas. Sur leur trajet, ils rencontraient les résignés, les "à quoi bon" (les sédentaires, des Mères avec leur petit, ou des vieillards) qui regardaient passer ces fous furieux ; ils renseignaient les Voyageurs sur le ciel nocturne du lieu ; et ceux-ci de noter les informations sur de nouveaux portulans, de plus en plus précis : non seulement on avait dorénavant un repère orthonormé, mais aussi un calendrier (car, incroyable !, le "jour sans ombre" changeait selon le lieu) !

    Les Voyageurs qui allaient vers le Nord croisaient ceux qui en revenaient, et c'étaient des discussions à n'en plus finir, jusqu'au petit matin. Les Voyageurs rendaient quelques services pendant leur séjour et, bien entendu, échangeaient quelques gènes, en toute innocence.

    C'était fabuleux !

   Ce mouvement d'un grand nombre d'individus fut à l'origine d'un remaniement génétique : des populations qui divergeaient peu à peu génétiquement, par sédentarité loin les uns des autres, se réunifièrent génétiquement, par recherche scientifique (car les gènes se transmettent en même temps que les idées...) et Habilis, petit à petit, pendant 400 000 ans, devint Erecta (les paléontologues humains n'ont pas jugé bon - à juste titre - de nous faire part des maillons intermédiaires, car on ne passe pas de 700 cm3 à 1000 cm3 du jour au lendemain).

     [Les "paléoanthropologues" ont observé qu'Erecta est apparue il y a 1 700 000 ans, (Michel Brunet, Collège de France), avant la disparition d'Habilis, et qu'elle est sortie d'Afrique il y a 1 300 000 ans (Michel Brunet, CdF) et ont conclu à des espèces différentes, qui ont coexisté. Michel Brunet expliquait qu'Erecta avait confisqué la niche écologique d'Habilis, qui n'avait d'autre solution que de tirer sa révérence et laisser la place à un cerveau plus volumineux et  DONC (!?!) mieux équipé ! Exit le darwinisme, place au néo-darwinisme et à l'évolution "buissonnante" !

     [En fait, il est normal, selon Darwin, que les deux "espèces" se soient chevauchées : quand la compréhension des quatre points cardinaux est admise par tous, les déplacements de populations cessent et les génomes sont uniformisés ; il n'y a plus alors (au bout d'un temps assez long -au moins200 000 ans) - qu'une seule "espèce" : Erecta, et Habilis a "disparu". En fait, ces 200 000 ans représentent le temps nécessaire à la généralisation de la nouvelle connaissance. L'"apparition" d'Erecta signale le lieu (et la date) de la compréhension des quatre points cardinaux, et la "disparition" d'Habilis la date (et le lieu) où les quatre points cardinaux n'ont pas été compris !

     [Ce sont, les idées qui se déplacent, pas les gènes, qui ne se "déplacent" que si leur porteur se déplace !

     [Épicharme de Cos, qui ne connaissait rien à la génétique, le disait déjà : "C'est l'esprit qui voit et c'est l'esprit qui entend : le reste est sourd et aveugle".]

    Alors, il y a 1 300 000 ans, on tint conseil à nouveau, au même endroit, et on décida, la mort dans l'âme, de sortir d'Afrique, où il faisait si bon vivre, et d'affronter le froid et l'inconnu, pour savoir enfin où dormait le Soleil, puisque ce n'était pas en Afrique.

     Et ce sédentaire-né (comment aurait-il pu en être autrement ?) devint "nomade", par nécessité.

    Car il faut expliquer POURQUOI il est sorti d'Afrique : il avait trop chaud ? Il manquait de nourriture ? Il avait des fourmis dans les jambes ? Pourquoi a-t-il été chercher ailleurs moins bien que ce qu'il avait sur place ?????

     [Le besoin de dormir est universel dans le règne animal. Les uns creusent des terriers, d'autres s'envolent sur les plus hautes branches des arbres les plus hauts...

     [Bien entendu, le plus démuni d'entre tous n'échappait pas à ce besoin irrépressible. Aujourd'hui, il ferme la porte à double tour et laisse la clé en travers de la serrure ; et malgré cela, il ne peut s'endormir, parfois, que la lumière allumée ! Ce n'est qu'avec l'invention du feu, qu'il a pu dormir à terre. Auparavant, il lui fallait dormir dans les arbres, alors qu'il n'était plus adapté à la vie arboricole, et les chutes nocturnes devaient être fréquentes et étaient mortelles : dormir, c'était risquer la chute, et donc la mort (ce qui explique en partie la stagnation des effectifs). D'où, probablement , le caractère hallucinatoire de nos rêves, aujourd'hui encore : c'est une caractéristique du psychisme humain, et probablement de celui des animaux.]

    Ce n'est qu'il y a 450 000 ans, à Menez-Dregan, qu'en désespoir de cause, Neandertalensis a inventé le "soleil artificiel" qui lui permit de dormir à terre (pourquoi lui ? Parce qu'il m'est agréable, au moment où on le supprime, de penser que ce moins que rien nous a été utile, qu'il a été indispensable et que nous lui sommes redevables ; et j'emmerde les "savants" qui disent le contraire, comme ce pseudo préhistorien qui soutient que Neandertal était dénué de parole...).

    Mais certains Erectus  s’entêtèrent jusqu'en Asie, et en désespoir de cause, Sapiens, toujours en quête du lieu où dort le Soleil, traversa "à la nage" et s'aventura jusqu'en Australie (voir en "Annexes" le récit de cette aventure).

   Aujourd'hui, il n'y a plus d'isolat géographique et l'évolution du genre homo est terminée (contrairement à ce que soutient Henry de Lumley dans "L'Homme premier, page 11), car il n'y a plus d'isolat.

   C'est pourquoi, on est tout surpris que les paléontologues humains s'entêtent dans leur approche raciste et nous parlent d'Heidelbergensis (après avoir fait semblant d'abandonner cette approche raciste, avec l'abandon d'Habilis, d'Erectus, ET de Sapiens, devenu l'homme "anatomiquement moderne").

     Après avoir assassiné Neandertalensis, il leur reste à nous expliquer comment on passe d'Heidelbergensis à Sapiens...

    Les généticiens nous décriront peut-être la chose un jour, mais pourront-ils  nous dire ce qui s'est passé dans la tête et le cœur de chacun de nos ancêtres (grâce au gène Hbq 0027 ? Où est l'esprit de finesse ?) ? Cela paraît bien peu probable !

     Quant à nous donner le génome d'Habilis, ce n'est pas pour demain...

     Ainsi donc, la génétique ne nous est d'aucune aide : les pseudo "paléoanthropologues" se sont défaussés sur les généticiens, ils se sont débarrassés du problème, mais ils ne l'ont pas résolu.

     La paléopsychologie n'a pas besoin de la génétique : Il n'y a jamais eu qu'une seule espèce humaine, une et indivisible, dont les paléontologues humains ont décrit les différents phénotypes (aux variations génotypiques mineures), mineurs si on les considère dans leur succession temporelle quotidienne (mais de quelque importance si on les considère sur une durée très longue : 100 ou 200 000 ans, inexpliquées, et inexplicables pour l'heure : c'est ce point que les généticiens doivent expliquer ; on leur suggère de se pencher sur la partie "non-codante" de notre génome). 

     Adieu Heidelbergensis ! Bienvenue (enfin !) au genre humain !

     Ouf ! Il était temps que le temps des romans à géométries variables des "paléoanthropologues" s'arrête ! On n'en pouvait plus !

     Place à la Science et à la Paléopsychologie !

     C'est contre le cours de Michel Brunet (et de Jean-Jacques Hublin) que ce livre a été écrit : la "paléoanthropologie", ça n'existe pas !

    Epistéma, au cours de ses périples qui la menaient du Cap au Caire, pouvait encore apercevoir NOTRE "Croix du Sud" au niveau de Khartoum (là où se rejoignent le Nil blanc et le Nil bleu) entre mars et mai.

    L'équation qu'elle avait à résoudre n'était pas simple, car le reste de l'année, ce repère pour les sudistes, disparaissait mystérieusement. Ainsi donc, ce repère spatial était aussi un repère temporel...

    De même, sur le chemin de retour vers son Jardin d’Éden (le lac Victoria), NOTRE '"Étoile polaire", ce repère des nordistes, disparaissait mystérieusement à l'endroit même où elle avait pu constater que son ombre disparaissait quand le soleil était au zénith lors des équinoxes (ailleurs, sur le chemin du Nord, ou du Sud, c'était lors des solstices).

    Naturellement, il lui fallut de très nombreux allers-retours pour s'approprier cette découverte invraisemblable, mais vraie.

    Cela lui prit donc du temps, beaucoup de temps, plus de 100 000 ans. De générations en générations, les Voyageurs, et les sédentaires scrutèrent le ciel étoilé, cherchant à y comprendre quelque chose.

     Nous ne savons pas quelles constellations occupaient, il y a       1 700 000 ans, la place qu'occupent aujourd'hui la Petite Ourse, ou la Croix du Sud, et, au jour d'aujourd'hui, personne ne peut le dire.

     Le lecteur aura compris que ce roman paléopsychologique exige que les différents protagonistes aient eu des échanges verbaux entre eux (les sédentaires avec les Voyageurs, et les Voyageurs entre eux), et exige donc une langue commune, pendant des centaines de milliers d'années, sur de longues distances.

     Nous verrons que le paléopsychologue ne peut pas ne pas faire la même hypothèse pour expliquer les observations faites par 

Hélène Roche (une paléoarchéologue : elle ne cherche pas des ossements, comme le paléontologue, mais des traces d'activité humaine, de la fumée sur une paroi, par exemple, mais aussi des silex taillés, qui attestent d'une présence humaine, même s'il n'y a pas de fossile humain aux alentours) sur le site Lokalelei 3 C, il y a 2 135 000 ans (nous nous en expliquerons vers la fin du livre : c'est grâce à cette arme, à nulle autre pareille, qu'Habilis, dépourvu de crocs et de griffes, a survécu : la preuve de l'existence du langage, même rudimentaire, dès l'origine, c'est la survivance d'Habilis).

    Le lecteur aura compris que c'est par hasard que, aujourd'hui, l'Étoile polaire occupe la place qui est la sienne et qu'autrefois, c'était une autre étoile qui occupait cette place, par hasard aussi, car, bien évidemment, cette étoile, quelle qu'elle soit, n'a pas conscience de notre pôle, ni même de notre planète !

     Le pôle nord géographique est pratiquement invariable, mais le pôle nord magnétique (celui qu'indique la boussole), lui, ne cesse d'évoluer. Jusqu'ici, nous avons raisonné comme si le pôle nord géographique et le pôle nord magnétique ne faisaient qu'un, mais il n'en est rien.

     Le pôle nord magnétique ne cesse de changer de place, en fonction du déplacement du fer liquide dans le noyau de la Terre, et s'est même retrouvé au pôle sud actuel il y a 780 000 ans (lors de la transition de Brunhes-Matuyama) : le pôle nord magnétique se trouvait au pôle sud géographique ; une boussole aurait indiqué le Sud ! 

    Naturellement, les préhistoriques n'en savaient rien ; il leur suffisait d'avoir une étoile (à peu près) fixe au dessus du pôle nord géographique (même si le pôle nord magnétique était au Sud) au cours d'une durée de vie humaine ; pour nous, aujourd'hui, c'est l'Étoile polaire ; pour eux, autrefois, ç'en était une autre, et nous n'avons aucun moyen de savoir laquelle. L'orientation Nord-Sud du Nil leur a certainement beaucoup facilité les choses, de même que le "jour sans ombre" !    

    Plus récemment, c'est en observant les étoiles que les navigateurs ont peuplé les îles du Pacifique et de l'océan indien ; ils savaient (à peu près) où ils étaient, mais ils ne savaient pas où étaient les îles ; nombreux sont ceux qui n'en ont jamais trouvé... De même que le paléopsychologue s'est demandé pourquoi Erectus est sorti d'Afrique, le psychologue se demandera (mais ailleurs) pourquoi les austronésiens ont-ils éprouvé le besoin (ou l'envie) de quitter Taïwan...